©Steven Kent / ©Mireille Rossi

Les Vénérables Dagpo Rinpoché et Nyanadharo, et le Dr Dinh Hy Trinh : profiter de cette période de confinement pour se faire du bien et accompagner ses proches.

Bouddha News vous offre à méditer la parole sage et éclairante des Vénérables Dagpo Rinpoché et Nyanadharo, et du Dr Dinh Hy Trinh. Certains d’entre vous les connaissent comme étant des représentants éminents des traditions bouddhistes du Vajrayana, Theravada et Mahayana. D’autres, confiants en leur discernement et compréhension, les sollicitent régulièrement dans la rubrique Question B du site Bouddhanews.fr pour qu’ils les accompagnent concrètement dans leur quotidien. Ils sont aussi, pour de nombreuses personnes, des « amis de bien », des guides qui, au-delà de toute référence confessionnelle, les aident à cheminer sur leur chemin de vie, grâce à leurs conseils bienveillants, justes et neutres.

Vénérable Dagpo Rinpoché

« Les autorités françaises viennent de mettre en place des dispositifs de confinement. Il est important que tous, nous prenions connaissance des recommandations et des interdictions, et que nous les appliquions scrupuleusement, avec civisme.

Du point de vue bouddhiste indéniablement, les maladies et autres fléaux abondent dans le samsara, de manière générale. À titre personnel, que nous tombions ou non malades dépend essentiellement des karmas que nous avons ou non accumulés. En termes plus simples, cela dépend de ce que nous avons fait et faisons sur les trois plans, physique, oral et mental. Concernant la mort, le fait même que nous soyons nés implique que forcément nous mourrons, un jour, en notant que le moment de notre mort ne devra rien au hasard, mais sera également conditionné par les karmas dont nous serons alors porteurs.

Tout cela pour dire que, oui, il faut que nous respections les consignes. En revanche, il est inutile de nous inquiéter. Si nous avons une religion, il est beaucoup plus constructif de prier selon les usages de notre tradition. Ainsi, nous bouddhistes, allons-nous invoquer avec ferveur le Maître et les Trois Joyaux : Bouddha, Dharma et Sangha.

Comme partout dans le monde, en ce moment même, il y a d’innombrables êtres qui souffrent de toutes sortes de maladies et/ou qui sont sur le point de mourir ; je suggère que nous priions pour tous ces êtres, en développant de la compassion et de l’amour envers eux. De toutes les pensées concevables, la bonté, ou encore la bienveillance, est sans nul doute la meilleure, et elle est la plus puissante des protections !

En résumé, il n’y a pas lieu de nous inquiéter. Cultivons la foi, au moins la bienveillance, et mettons un point d’honneur à respecter les consignes sanitaires, de manière exemplaire. »

Vénérable Nyanadharo

« Joie et sérénité. Éloge de l’oisiveté. Pour une fois, l’humanité peut être contente chez elle, sans contrainte d’aller travailler, d’aller visiter les uns ou les autres par politesse ou par gentillesse, sans que les « amis » ne soient contraints de recevoir… Contente chez elle.

Que chacun énumère tout ce qu’il peut faire en ce temps de confinement, qu’il n’a jamais le temps de faire même en vacances, même en week-end, c’est comme si le bon Dieu était parti en vacances. À chacun, je dis : faites le minimum d’effort : aller chercher de la nourriture. Je vous laisse à vos réflexions… »

Docteur Dinh Hy Trinh

« Nous vivons actuellement une pandémie virale grave, non pas par sa létalité, mais par son expansion particulièrement rapide et étendue, d'autant plus qu’elle est constamment relayée par les médias, égrenant chaque jour des chiffres plus inquiétants.

Comment faire alors pour ne pas laisser se développer l’anxiété, l’angoisse du lendemain, voire la dépression ? D’autant plus que les directives sanitaires sont devenues drastiques, avec un confinement perturbant notre vie quotidienne.

Face à cette crise, essayons comme le conseille le Bouddha, de voir les choses « telles qu’elles sont » (yatha-bhuta). C’est-à-dire en nous informant des faits scientifiques réels, et ne pas nous laisser envahir par des suppositions, des idées imaginaires, nées de fausses informations.

Cette épidémie, les scientifiques l’ont précisé, peut être rapprochée de celle du SARS liée à un autre coronavirus, apparue aussi en Chine en décembre 2002, et se répandant dans le monde, avec un pic en avril 2003 et se terminant en juin 2003. Selon toute vraisemblance, la sensibilité à la chaleur du virus fait aussi que l’épidémie actuelle se terminera en juin 2020.

Dans les semaines à venir, chacun de nous devra affronter des situations difficiles, c’est sûr, mais cela ira certainement mieux le lendemain.

Si nous suivons rigoureusement les consignes d’hygiène, de distanciation sociale, si nous nous entraidons les uns les autres, si nous faisons confiance aux professions de santé qui se dévouent jour et nuit pour nous, tout en restant optimiste, heureux de vivre, alors tout ira bien ! Comme disait le maître Zen Dôgen : « Le monde vivant, c’est juste comme un clair de lune qui se reflète sur une goutte de rosée ». Le Covid-19, lui aussi, est dans le clair de lune.

©Steven Kent

Vénérable Dagpo Rinpoché

Né en février 1932 dans la région du Kongpo, dans le sud du Tibet, le Vénérable Dagpo Rinpoché est reconnu enfant comme la réincarnation d’un maître de la fin du XIXe siècle, Dagpo Lama Rimpotché Jhampel Lhundroup Gyatso. Grand maître du Lamrim et docteur en philosophie, premier Tibétain à fouler le sol français en 1960, Rinpoché fonde le Centre Bouddhiste Tibétain Guépèle Tchantchoup Ling, rebaptisé Institut Ganden Ling, qui obtient en 1995 le statut de congrégation religieuse. Cette congrégation de l’école Gelugpa est aujourd’hui basée à Veneux-les-Sablons.

©Mireille Rossi

Vénérable Nyanadharo

Originaire du Laos, le Vénérable Nyanadharo réside en France depuis 1975. Il assure la direction spirituelle du monastère Bodhinyanarama de la tradition des Moines de la forêt, qu’il a fondé en 1977. Le Vénérable fut le disciple de maîtres tels Ajahn Chah ou Mahasi Sayado, et il est aujourd’hui l’un des représentants majeurs du Theravada sur la scène internationale. Il enseigne un bouddhisme adapté à la société occidentale.

©Steven Kent

Docteur Dinh Hy Trinh

Membre du Conseil d’administration de la pagode Truc Lâm de Villebon-sur-Yvette, ce médecin retraité spécialiste en gastro-entérologie, s’est intéressé depuis longtemps à la philosophie bouddhiste. Né à Hanoi en 1946 et arrivé en France en 1962, il a été disciple du Vénérable Minh Châu, Recteur de l’Université Bouddhique Van Hanh à Saigon, et du Vénérable Thiên Châu, fondateur de l’Institut Bouddhique Truc Lâm (Forêt de Bambous) à Villebon-sur-Yvette, dont il était proche pendant plus de trente ans.

Liker, Partager !

Ces sujets peuvent vous intéresser

Sessions de méditation laïques en lignepar Tergar Paris

Communiqué de Tergar Paris : Afin de maintenir nos habitudes de pratique et rester en lien avec ceux et celles qui sont...

Perla et Jean-Louis Servan-Schreiber : #ResterChezSoi #Sérénité

Dans cette période inédite de l’histoire de l’humanité, de nombreuses personnes sont angoissées, voire paniquées, à l’idée...

Coronavirus : Faire face sereinement et en responsabilité à la pandémie actuelle

Rester chez soi, un devoir vis-à-vis de soi-même et des autres.