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Confinement : retrouver le goût des moments simples !

Ou comment agrandir ses espaces intérieurs.

Le bouddhisme insiste sur la nécessité de prendre soin des autres plus que de soi-même. Par bonheur, sur cet ardu sentier vers le dévouement et l’oubli de soi se trouve une contre-allée plus accessible : la bienveillance. Celle qui ne se trouble pas si l’autre ne se comporte pas comme nous le souhaitons. Ainsi confinés, cette voie me semble essentielle pour prévenir le risque d’implosion de son couple et de sa famille ! Mais comment cultiver cette pratique en restant enfermé dans un espace réduit avec d’autres êtres humains ?

Le confinement était jusqu’à présent une expérience réservée à une poignée d’hommes et de femmes : marins, sous-mariniers, reclus, moines, nonnes, ermites, candidats de téléréalité et détenus. Des gens engagés, renonçants, égarés ou condamnés, portés par la foi ou l’absence de foi. Mais nous ? N’avons-nous jamais imaginé être un jour contraints - légalement contraints - de rester cloîtrer chez nous ? Obligés de vivre vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept avec notre conjoint, nos enfants, nos parents ou notre belle famille ? Qui aurait signé en bas de ce genre de proposition au XXIe siècle ? Je ne sais pas pour vous, mais moi, non !

« Je ne cherche plus l’arbre exceptionnel à serrer dans mes bras, un modeste arbuste me ravit ! »

Car nous avons tous une vie en dehors de la maison : les copains du travail avec qui nous aimons échanger quelques mots en partageant un café, les amis que l’on retrouve au déjeuner ou en fin de journée, les rues et les parcs que nous aimons traverser, les rendez-vous que nous ne manquerions pour rien au monde... C’est aussi « ça », notre vie : un environnement extérieur à la maison que nous avons façonné à notre image. Et si pour un grand nombre d’entre nous - à l’exclusion des soignants et de ceux qui nous nourrissent - le rythme enlevé du quotidien s’est arrêté, un autre stress est apparu : celui né de la privation de liberté.

Et c’est avec ce ressenti nouveau, que nous aurions plutôt spontanément tendance à juger comme désagréable, qu’il nous faut pourtant plus que jamais cultiver l’abnégation. Dans le meilleur des mondes, toute la famille s’y met et c’est la grâce ! L’amour inconditionnel ! Mais si c’est à vous que revient la tâche d’insuffler cette énergie dans votre foyer, il vous faudra tenir sur la durée. J’ai perçu assez vite la difficulté de l’épreuve et mis très vite en place de nouvelles habitudes.

Explications

A J+2, j’avais déjà adopté les rendez-vous en ligne, café, apéritif ou dîner, avec mes meilleurs amis. Hors de question de ne plus voir ! Après quelques semaines de confinement, les « On-nomi », comme les nomment les Japonais, fleurissent toujours sur mon agenda comme autant de promesse de joyeux partages et de dépaysement ! Je cuisine également régulièrement avec une amie en manque d’inspiration, en ligne, sur WhatsApp. Je lui explique ma recette, on la fait en même temps en buvant un verre de vin. Je profite également de cette période de retraite forcée pour méditer plus régulièrement et pour apprécier encore davantage le peu de nature qui m’est encore accessible. Je ne cherche plus l’arbre exceptionnel à serrer dans mes bras, un modeste arbuste me ravit ! Et, enfin, il y a la musique que je savoure en solo… Pour conclure, chaque jour, je fais attention à recharger mes batteries d’une manière ou d’une autre. Je m’aère, comme je peux. Et jusqu’ici, tout va bien !

Kara Molinari Kara Molinari est avant tout une chercheuse passionnée. Depuis son adolescence, elle s’interroge sur question la plus métaphysique qui soit : qu’est-ce que l’homme ? Diplômée d’un Master en Histoire et d’un Master 2 en Lire +
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