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Pas pour le bonheur
Dzongsar Jamyang Khyentsé

Dzongsar Jamyang Khyentsé Rinpoché, un très grand lama tibétain, détenteur d’une lignée de maîtres ininterrompue depuis le Bouddha Shakyamouni, met immédiatement le lecteur à l’aise :
« De nos jours, trop d’enseignements qui se proclament bouddhistes, mais tendent à relever des techniques du New Age, ont pour but de procurer un sentiment de "bien-être", et si cela est votre souci principal, un massage intégral vous serait beaucoup plus utile ». Car un enseignement bouddhiste n’est pas fait pour nous réconforter. Au contraire, le Dharma, qui n’est pas une thérapie, a été conçu précisément pour exposer nos défauts et nous mettre mal à l’aise, pour neutraliser nos habitudes de nous chérir par-dessus tout.

Pas pour le bonheur porte donc parfaitement bien son titre, car il nous force à nous pencher sur des sujets aussi démoralisants que la mort, l’impermanence, le renoncement, l’incertitude, la souffrance inhérente au samsara, cette souffrance que nous prenons si souvent pour du bonheur et à laquelle les êtres humains, prisonniers des coquilles de leur corps, de leur parole et de leur esprit, sont étrangement attachés. « La seule vue qu’un pratiquant du Dharma puisse adopter, écrit Dzongsar Rinpoché, c’est qu’il n’y aucune solution aux maux du samsara, car le samsara ne peut pas s’arranger. » Partant de là, ce lama iconoclaste enseigne avec humour, mais aussi une précision et un pragmatisme éclairés et joyeux, le Ngeundro, ou pratiques préliminaires au Vajrayana, ce véhicule de diamant qui est le troisième et le plus élevé du bouddhisme tibétain. Avant tout, il explique ce qu’il appelle les "échauffements spirituels", ou plutôt l’état d’esprit et les trois nobles principes que doit adopter le pratiquant (réfléchir aux bienfaits de suivre un maître, fondement de la Voie, engendrer la bodhicitta, la conscience non-duelle et la dédicace des mérites). Puis on passe aux quatre pratiques préliminaires : la prise de refuge et les prosternations, la purification, l’offrande du mandala et le Guru Yoga. Si l’enseignement délivré par Dzongsar Jamyang Khyentsé Rinpoché n’est pas fait pour le bonheur "mondain", il est un guide extraordinairement précieux pour atteindre le bonheur ultime de l’Éveil, car, comme le dit Sa Sainteté le Dalaï-Lama : « Le bouddhisme est sans doute ce qu’il y a de plus difficile au monde, mais une fois qu’on le sait, on le sait pour toujours »

Claudine Vernier-Palliez Reporter à Photo, l’Express, Actuel, FR3, TF1, puis grand reporter et reporter de guerre à Paris-Match pendant 30 ans. Auteur notamment de deux livres, de deux films sur le Dalaï-Lama et d’un troisième sur Ling Rimpoché Lire +

Pour aller plus loin

• Pas pour le bonheur, Dzongsar Jamyang Khyentsé (Édition Padmakara, 2014)

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