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Parents vrais, enfants libres – Partie 1

Parce qu'il nous aide à nous délester des illusions et fait tomber le masque, le zen peut nous aider à être des parents plus authentiques et plus lucides. Une position qui libère les enfants des projections et attentes trop lourdes.

Être authentique. Le zen considère que notre vraie nature, celle qui se cache derrière l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes, est parfaite. « Apprendre le zen, c’est nous trouver, nous trouver, c’est nous oublier, nous oublier, c’est trouver la nature de Bouddha, notre nature originelle », disait Dôgen. Pour s’approcher de cette authenticité, nulle recette magique, mais une posture : simplement constater ce qui se passe en nous, comment nous interagissons, observer ce qui est « trop » ou « trop peu », puis poser des actes et des mots les plus justes possible. Ramenée à l’éducation, cette exigence est un impératif de lucidité et d’humilité qui peut nous aider à nous recentrer et à mieux cerner les vrais enjeux de la relation parents-enfants. Faire au mieux avec ce que nous sommes, en essayant chaque jour d’être de moins en moins le jouet des illusions, du jugement, des croyances et des attentes irréalistes, constitue un précieux message par l’exemple pour nos enfants.

Quelques pistes en forme de kôans ou d’adages à méditer :
– Votre dissimulation nourrit sa fragilité, votre honnêteté accroît sa force.
– Vous vouliez être médecin ? Ne l’obligez pas à porter la blouse blanche s’il préfère les gants du jardinier.
– Si vous ne les affrontez pas, les fantômes de votre passé viendront hanter votre enfant.

Traverser les émotions

Le calme de l’esprit, la clarté de la vision ne sont pas seulement réservés aux grands sages, ils peuvent s’acquérir au fil des jours si l’on commence par accepter de cesser d’être le jouet de nos émotions. Des émotions amplifiées par l’anxiété quand on est parents et qui ne sont pas sans conséquence sur la vie de la famille. Pour autant, il ne s’agit pas de se forcer au détachement, à l’impassibilité, si l’on bouillonne de colère ou si l’on tremble d’angoisse. Traverser les émotions signifie les accueillir (je ne les refoule pas, je sens leur effet dans mon corps), les identifier (je suis en colère), les interroger (colère, quelle est ta vraie source ?), avant de les laisser filer comme les nuages dans le ciel. Une fois libérés de la pression des émotions, et munis des informations qu’elles contiennent, nous pouvons alors penser calmement, non pas à ce que nous devons faire, mais à « ce que la situation exige que l’on fasse », comme le formulait judicieusement le maître indien Swami Prajnanpad. Avant de réagir avec votre enfant, accordez ce temps de filtrage émotionnel que vous pouvez assortir d’une mini méditation, particulièrement bienvenue avant d’aborder les sujets délicats.

« Apprendre le zen, c’est nous trouver, nous trouver, c’est nous oublier, nous oublier, c’est trouver la nature de Bouddha, notre nature originelle. » Dôgen

– Asseyez-vous, creusez légèrement votre bassin et rentrez un peu votre menton vers le cou, laissez tomber vos épaules.
– Posez vos mains sur vos cuisses, paumes vers le ciel.
– Expirez profondément puis inspirez doucement par le nez et expirez longuement.
– Faites plusieurs cycles d’inspire-expire.

À méditer :

Derrière la colère, la tristesse. Derrière la tristesse, la peur.
 Derrière la peur, l’agitation du cœur et de l’esprit

Flavia Mazelin Salvi Journaliste et auteure spécialisée en psychologie, spiritualité et développement personnel, elle a découvert le bouddhisme zen en 1983 via le livre de Taisen Deshimaru, La pratique du zen. Un choc et une inspiration, Lire +
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