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Le bouddhisme, là où vous êtes, jour après jour
Partie 4 : se satisfaire, ce n’est pas rien !

La peur de manquer est une très mauvaise conseillère. Elle nous pousse à nous épuiser à vouloir toujours plus pour un résultat qui n’est jamais satisfaisant puisque l’objet ou la situation qui concentre toutes nos convoitises devient presque fade lorsque nous le possédons. Ce qui nous oblige à reprendre cette fuite insensée loin de nous-mêmes et de nos besoins réels. Et si nous essayions autre chose ?

Premier pas : en finir avec la peur !

Face à la peur, nous devons d’abord reconnaître qu’il en existe de différentes sortes. Certaines reposent sur des raisons valables : la peur de la violence par exemple. D’autres sont le fruit de nos projections mentales et ne sont que créations de notre esprit. Pour y faire face, pensez que s’il existe une solution ou une issue, vous la trouverez. Il est donc inutile de vous laisser submerger par elle. Dépensez plutôt votre énergie à la recherche d’une solution. Et s’il n’y a pas de solution, inutile de vous inquiéter pour rien, puisque vous ne pourrez rien faire ni changer. Procéder ainsi implique d’accepter de se confronter directement au problème, d’en avoir le courage et la volonté. Faute de quoi, vous ne pourrez pas savoir s’il existe ou non une solution.

Une autre manière de dépasser vos peurs, lorsque vous êtes anxieux par exemple, est de venir en aide aux autres. En vous montrant gentil, compatissant, respectueux, vous serez alors naturellement et spontanément moins inquiet puisque votre mental sera détourné et occupé à d’autres tâches. Et, même si vous échouez dans ce que vous entreprenez pour aider autrui, vous vous sentirez mieux, votre angoisse diminuera, car vous aurez déployé toute votre énergie à vous occuper des autres. Plus nous sommes motivés par l’altruisme, moins nous avons peur face aux circonstances les plus anxiogènes. Essayez et vous adorerez ! Rendre les autres heureux ou se réjouir de leur bonheur procure la paix de l’esprit. Rien n’est plus satisfaisant.

Second pas, un autre challenge : apprendre à se satisfaire de ce que l’on a 

S’entraîner à se satisfaire de ce que l’on possède, de ce que l’on est, de ce que l’on a, est l’un des plus beaux cadeaux que l’on puisse se faire. Peu à peu, notre esprit et notre mental sont apaisés. On cesse de se comparer aux autres, de chercher à obtenir toujours plus, à être le meilleur, le plus beau, le plus intelligent… On apprécie simplement ce qui nous est donné et cela est source de grandes joies.

Troisième pas : ajouter ces dix ingrédients pour élaborer notre potion du bonheur 

Les dix actions vertueuses forment la base de l’éthique bouddhiste qui participe à construire notre bonheur. La discipline, la sagesse et la concentration permettent de s’y exercer et de s’abstenir des actions non vertueuses : tuer, voler, avoir une conduite sexuelle incorrecte, mentir, créer la discorde, dire des paroles blessantes et futiles, être envieux, malveillant, consommer des produits intoxiquant (drogue, alcool) et développer des vues erronées. Le fruit de ce type de pratique est d’engendrer paix et sérénité dans notre esprit. Et facilite la vie avec les autres.

Exercer son esprit est une discipline qui inclut à la fois les actions du corps, de la parole et de l’esprit. La discipline aide à transformer la manière dont nous nous situons dans l’existence et vis-à-vis d’autrui. Nous apprenons à différencier les facteurs qui conduisent au bonheur de ceux qui provoquent la souffrance et à ne cultiver que ceux qui assurent le bonheur.

– Ne pas tuer suppose de protéger la vie en général.
– L’inconduite sexuelle implique de ne pas commettre l’adultère.
– Ne pas mentir est une action que l’on peut faire aisément, car nous sommes souvent enclins, par facilité, à ne pas dire la vérité. Cela dit, parfois, certaines personnes ne supportent pas la vérité brute. Dans certains cas, il convient donc de faire preuve de discernement avant de s’exprimer.
– Ne pas dire de paroles dures, ne pas médire et ne pas créer des discordes permet de ne pas générer des souffrances inutiles chez les autres, de ne pas provoquer de conflits et de ne pas nuire à autrui.
– Éviter tout bavardage vain et frivole aide à ne pas parler pour ne rien dire, ce qui est source de confusion. Abandonner tout papotage futile est donc une grande vertu.

Les dix actes non vertueux, liés à nos émotions perturbatrices, naissent dans l’esprit. Observer leurs mécanismes et leurs causes et effets, en nous exerçant en permanence à l’attention et à la vigilance, permet de les abandonner. Nous les reconnaissons et les analysons sans tenter de les saisir. Et l’émotion qui leur est associée disparaît d’elle-même.

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