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Cultiver la simplicité

Trop de tout. L'accumulation des objets n'encombre pas seulement notre environnement, elle encombre aussi notre esprit et nous rend dépendants. S'alléger en conscience, c'est retrouver le sens de l'essentiel.

Si nous nous nous émerveillons devant l’esthétisme du zen, son épure poétique, son minimalisme si graphique, c’est parce que nous évoluons dans des environnements encombrés, étouffants, bourrés à craquer d’objets dont, pour la plupart, l’utilité et la beauté restent à prouver. Mais heureusement, depuis quelques années, nous prenons progressivement conscience que non seulement notre boulimie matérialiste est le poison numéro 1 de la planète, mais aussi qu’elle nous rend individuellement dépendants, stressés, frustrés.

Le zen nous invite à retrouver notre vraie nature, celle qui au-delà de l’ego, sa voracité, son narcissisme, ses peurs, sait jouir de l’essentiel. Car choisir la simplicité, c’est choisir la liberté. En apprenant à faire la différence entre désir et besoin, possession et sécurité. Vous êtes décidé à faire place nette ? Préparez-vous alors à réviser vos valeurs, à bousculer vos repères et à dépoussiérer vos croyances. Votre bien-être, physique et psychique, est à ce prix.

S’alléger en conscience

Commencez par vous munir d’une fiche et d’un crayon et recopiez ces six questions. N’agissez pas avant de les avoir mâchées et remâchées. La précipitation favorise les regrets et les remords. Ce questionnaire concerne les objets de décoration, les meubles, les appareils usuels et les vêtements.

• Ai-je vraiment besoin de cet objet ? (me sert-il : jamais, régulièrement, quotidiennement)

• Cet objet me comble-t-il, affectivement et/ou esthétiquement ?

• Quel espace (physique et psychique) gagnerais-je à m’en débarrasser ?

• À qui cet objet servirait-il plus qu’à moi ?

• Qui apprécierait cet objet plus que moi ?

• Sa possession me prend-elle du temps ou de l’espace, ou bien me rend-elle vraiment service ?

Choisir la simplicité, c’est choisir la liberté.

Trop souvent, nous jetons ce qui ne nous plaît plus ou nous encombre. Pensez à donner aux associations caritatives ou à votre entourage. Donner fait circuler l’énergie vitale et nous rappelle que l’être humain n’est pas une île. Ni dépendant, ni indépendant, mais interdépendant…

Apprendre à jeûner

La discipline la plus féconde est celle qui consiste à savoir se dire non.

• Engagez-vous pendant une semaine à suivre un régime « no conso ». Très politiquement incorrect, mais très sain spirituellement !

• N’achetez que le strict nécessaire.

• Gardez votre poste de télévision éteint.

• Accordez-vous tous les jours au moins dix minutes d’inactivité totale : sans bouger, sans parler, sans écouter de la musique, sans lire. Ne faites rien.

• Offrez-vous une après-midi de « non-shopping ». Promenez-vous dans les rues, regardez les vitrines, entrez dans les magasins et observez les visages et les comportements de ceux que vous croisez. Prenez conscience de toute l’énergie qui est mise au service de l’acquisition, de la possession. Savourez le plaisir subtil de ne pas suivre le mouvement…

• Préparez tous les jours au moins un plat sans assaisonnement ni sauce pour apprécier la saveur de chaque produit. Vous vous habituerez à manger avec conscience et à acheter des produits de meilleure qualité.

Consommer autrement

• N’achetez plus par impulsion. Différez systématiquement vos « achats-désir ». Du plus modeste au plus important. Laissez passer du temps et épargnez la somme correspondant à l’objet. Si, au bout de quinze jours ou d’un mois, votre désir ne s’est pas émoussé, passez à l’acte en toute conscience.

• Choisissez toujours la qualité. Ni la nouveauté ni la tendance. Investir dans la qualité a un prix. Cela demande parfois efforts et sacrifice, donc une démarche réfléchie et active.

• Interrogez-vous sincèrement : « Quels désirs, quels fantasmes je projette sur ce vêtement ou cet objet ? Vont-ils servir à améliorer mon image et mon estime de soi ? » Si, à l’évidence, c’est à cela qu’ils vous serviront, dites-vous que vous êtes en train de remplir une outre percée. Aucun objet, aucun vêtement ne pourra jamais vous rendre aimable ni estimable à vos yeux. En prendre conscience est un pas vers la libération.

• N’offrez plus pour vous déculpabiliser, vous faire aimer, acheter la paix émotionnelle ou relationnelle. Évitez ce marchandage avec vous-même.

• Osez dire « non » à vos enfants lorsqu’ils réclament systématiquement tel ou tel nouveau produit vanté par la publicité ou par leurs copains.

• Offrez-vous du temps, de la lecture, de la marche, de la musique, des discussions nourrissantes… Prenez l’habitude de consommer sans modération du « gratuit ».

Veillez à l’ordre et à la propreté

• Ni la poussière ni le désordre ne doivent s’installer chez vous, ils affaiblissent l’énergie.

• Après avoir fait le ménage, ouvrez grand les fenêtres (même l’hiver !) et laissez pénétrer l’air et la lumière chez vous. Faites la chasse aux vieux journaux, aux papiers inutiles, videz régulièrement corbeilles et poubelles. La surface de vos miroirs doit être irréprochable, idéalement les carreaux de vos fenêtres devraient étinceler !

• Pas de pitié pour la vaisselle ébréchée, les casseroles bosselées, les vernis et les peintures écaillées. D’où l’intérêt d’investir dans la qualité et manipuler les objets avec soin.

Flavia Mazelin Salvi Journaliste et auteure spécialisée en psychologie, spiritualité et développement personnel, elle a découvert le bouddhisme zen en 1983 via le livre de Taisen Deshimaru, La pratique du zen. Un choc et une inspiration, Lire +
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