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Qu’est-ce que le Chan ?

Petite définition d’une école majeure du Mahayana.

Le terme Chan est une abréviation de “chan-na”, transcription chinoise du terme sanskrit dhyâna qui désigne un ensemble de techniques de recueillement ou de concentration de l’esprit et les divers états produits par ces techniques, dont certaines sont communes au Petit et au Grand Véhicule, d’autres spécifiques au Grand Véhicule.

Le Chan s’est formé autour d’un sûtra, le Lankavatarasutra, une doctrine idéaliste selon laquelle tout est production de l’esprit.

Un texte du Petit Véhicule, le Dîghanikaya, définit ainsi le dhyâna : « Modalité de s’adonner au bonheur qui conduit de façon absolue à l’absence de mondanités et d’inclinations, à la paix définitive, au nirvâna. » Ce terme désigne donc des techniques de concentration arrivées tôt en Chine, surtout concernant l’impureté du corps et la concentration sur la respiration.

Le Chan s’est formé autour d’un sûtra, le Lankavatarasutra, une doctrine idéaliste selon laquelle tout est production de l’esprit, autour d’un personnage, Bodhidharma, et d’un lieu, le temple Shaolin près de Luoyang (province du Henan).

L’origine légendaire du chan : La fleur et l’éveil du Mahakashyapa

Un jour, le Vénéré du monde (le Bouddha historique) se trouvait sur le Pic des Vautours, près de Rajagriha, parmi la foule. Il se taisait, absorbé dans une profonde méditation. Du Bouddha, silencieux, émanaient des rayons de lumière. Il prit une fleur et, souriant, la pinça entre ses doigts. Le vénérable Kashyapa sourit. Alors, le Bouddha déclara : « Je possède le trésor de l’œil de la vraie loi, l’ineffable et subtile vue du nirvâna, qui ouvra la porte de la vision du sans-forme, qui ne dépend ni des écrits ni des mots et se transmet en dehors de l’enseignement. Ce trésor, je le transmets à Kashyapa. » De ce jour, il fut appelé Mahakashyapa et devint après la mort du Bouddha le chef de la communauté

Catherine Despeux Sinologue professeur émérite de l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), Catherine Despeux est également administratrice de l’Institut d’études bouddhiques. Spécialiste du taoïsme – Lire +
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