Pourquoi moins manger de viande selon le bouddhisme ?

Et si nous considérions les animaux comme nos semblables plutôt que comme des denrées alimentaires ?

Le bouddhisme respecte l’animal, en tant qu’être vivant et sensible à part entière. Le premier précepte bouddhique (pânâtipâta veramani) enseigné aux pratiquants est de ne pas tuer. Or, manger de la viande suppose que l’on tue au préalable un animal dans l’intention justement de le manger. Pour le bouddhisme, toute vie est précieuse et privilégie, en toute circonstance, la non-violence (ahimsâ). Le Bouddha condamnait de son vivant toutes les sortes de sacrifices. À l’époque, il y avait non seulement des sacrifices d’animaux, mais aussi humains. En ce qui concerne la violence infligée aux animaux, un sutra raconte qu’un jour, alors que le Bouddha se rendait de bonne heure, comme tous les matins, accompagné de ses moines, dans la ville de Râjagrha, capitale du royaume du Magadha, il croisa sur sa route des enfants qui s’amusaient à torturer un serpent. Il leur dit : « Sachez que tout acte porte ses fruits qui finissent un jour par mûrir, dans cette vie ou bien dans une vie ultérieure ! »

Quid des offrandes de viande ?

Reste que tous les bouddhistes ne sont pas végétariens. Certains comme Sa Sainteté le Dalaï-Lama mange de la viande depuis que ses médecins jugèrent, il y a déjà plusieurs années, qu’être végétarien ne convenait pas à sa santé. Et d’autres s’adaptent aux circonstances. C’est également un fait avéré que le Bouddha a consommé de la viande quand ses offrandes de repas en contenaient. D’ailleurs, son dernier repas fut un plat de sanglier offert par le forgeron Tchounda. En Asie, il arrive également souvent que les moines, dépendant entièrement des disciples laïcs pour leur nourriture, leur habillement, leur logement et leur médication, acceptent des offrandes de nourritures carnées. Telle est la tradition. Nul ne doit rejeter une offrande faite avec dévotion et respect. Le Bouddha aurait d’ailleurs déclaré que les moines pouvaient manger de la viande à condition que les animaux n’aient pas été abattus dans leur intention.

C’est un fait avéré que le Bouddha a consommé de la viande quand ses offrandes de repas en contenaient.

La relation du bouddhisme aux animaux est très spécifique, car il est admis dans cette tradition que certaines de nos renaissances se firent dans le règne animal. Y compris pour le Bouddha. C’est pourquoi, il est recommandé de considérer symboliquement chaque animal, et non seulement nos ceux de compagnie, comme un membre de notre famille à part entière. N’est-il pas vrai, du moins en Occident, que l’on critique bien souvent certaines coutumes alimentaires liées à nos animaux que nous qualifions de familiers en faisant ainsi preuve d’un certain spécisme ?

Le changement climatique nous enseigne que nous devons changer nos habitudes alimentaires et consommer de moins en moins de viande. Ce qui va dans le sens du bouddhisme et le bien-être de tous les êtres vivants.

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Michel Banassat Ex-moine bouddhiste et guide-conférencier, spécialiste des communautés asiatiques parisiennes, Michel Banassat chemine au fil de ses visites dans ce Paris caché, méconnu, sur la Voie du Bouddha. Il est également l’auteur de Lire +
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