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N’est pas bouddhiste qui veut
Dzongsar Jamyang Khyentsé

Dans un style direct, sans concession, mais plein d’humour, Dzongsar Jamyang Khyentse (dit aussi Khyentse Norbu) rappelle qu’être bouddhiste, ce n’est pas porter une robe safran et afficher un sourire paisible, mais reconnaître quatre vérités :

 

– Toute chose composée est impermanente

– Toute émotion est douleur

– Aucune chose n’existe en et par elle-même

– Le nirvana est au-delà des concepts

 

Ces quatre Sceaux du bouddhisme, l’auteur – lama né au Bhoutan et réalisateur de films – les illustre par des parallèles avec la vie du Bouddha, il y a 2500 ans. « Siddhartha n’avait ni subvention ni assistant pour l’aider dans sa recherche. Il avait pour seul témoin la chaude poussière indienne et quelques buffles d’eau errants. C’est ainsi équipé qu’il a compris la vérité de l’impermanence au niveau le plus profond. Sa prise de conscience (…) ne visait ni à proposer un jugement moral ni à instaurer un mouvement social ou une religion. Elle n’avait rien d’une prophétie. L’impermanence est un fait. »

Khyentse Norbu ne s’embarrasse pas de tournures psychologiques : « À terme, le changement est inévitable. Si vous vous sentez désespéré, pensez-y et vous n’aurez plus aucune raison de réagir ainsi : la chose qui vous désespère changera aussi ». Sa tendresse est parfois teintée d’ironie pour nos faiblesses humaines, comme lorsqu’il évoque la difficulté de définir “souffrance” et “bonheur” : « Pour certains humains, être heureux signifie arriver à survivre ; pour d’autres, c’est posséder 700 paires de chaussures. »

Tout en légèreté, il distille des récits fondateurs de la cosmogonie bouddhiste. Ainsi de Milarépa capable de s’abriter dans une corne de yak sans pour autant rapetisser, illustration de sa compréhension de la vacuité.
Enseignant expérimenté, Khyentse Norbu balaie les concepts d’un revers de mots. Ainsi le nirvana n’est pas un « lieu de vacances de rêve » (qui à la longue pourrait s’avérer ennuyeux), mais plutôt « le fait d’être libéré de la camisole de l’ignorance ».

Traduit de l’anglais par Anne Benson, N’est pas bouddhiste qui veut remet les points sur les i du bouddhisme, pour néophytes curieux et pratiquants sur la voie

Carole Rap Journaliste économique et sociale, elle s’intéresse depuis des années à l’environnement, illustration de l’interdépendance. En pratiquant le yoga et la danse méditative, elle a découvert la richesse des voyages Lire +

Pour aller plus loin

• N’est pas bouddhiste qui veut, Dzongsar Jamyang Khyentsé (Nil Éditions, 2008)
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