©Shutterstock

Le Theravada vu de l’intérieur

Témoignage d’un laïc sur la vie en pagode pour un petit tuto sur le Theravada.

Après la mort du Bouddha, dix-huit écoles s’étaient constituées. Le Theravada (ou doctrine des anciens) est la seule des seize écoles du bouddhisme primitif (Hinayana ou petit véhicule) à avoir subsisté sans changements majeurs, dans le Sud-Est asiatique. Les deux autres, celle des Mahasanghika et celle des Sarvastivada, ont donné naissance, plus tard, autour du 1er siècle avant et après la naissance du Christ, au Mahayana (ou grand véhicule). C’est sous l’impulsion du moine Mahinda, fils de l’empereur Ashoka de la dynastie des Maurya, le grand empereur bouddhiste de l’Inde, que le Theravada a commencé par se diffuser au Sri Lanka en 260 avant notre ère, avant de gagner le Cambodge, la Thaïlande, le Vietnam, le Laos et la Birmanie. La langue du Theravada est le pali, une langue populaire comme le magadhi, langue dans laquelle le Bouddha s’est exprimé pour mieux se faire comprendre par le peuple. Alors que celle du Mahayana, qui enseigne l’universalité du message bouddhique pour tous les êtres, quels qu’ils soient, humains ou animaux, est le sanskrit, la langue religieuse de l’Inde.

Vivre comme le Vénérable

Lorsque j’ai effectué une formation monastique au sein de l’école Theravada auprès du Vénérable Gnanissara à la pagode du Blanc-Mesnil, surtout fréquentée par des Vietnamiens, le Vénérable m’a enseigné différentes méditations, les principes fondamentaux du bouddhisme, les textes de base du bouddhisme originel et de nombreuses prières, bien sûr en pali, qu’il est indispensable de connaître, surtout lorsque l’on est moine, lors des offices religieux. Mon séjour dans cette pagode a été une véritable révélation et empreint d’une sérénité des plus intenses et des plus émouvantes. Pendant ce séjour, j’ai vécu comme le Vénérable : réveil à 6h, un office religieux vers 10h, un seul repas par jour, mais copieux, servi avant midi par de pieux laïques, une sieste d’une heure après le repas, la réception de différents disciples laïques durant l’après-midi et plusieurs heures de méditation et d’étude tout au long de la journée dont une grande partie le soir. Et pratiqué pour commencer les méditations de base qui reposent sur les quatre attitudes saintes (Brahma-viharas), que sont l’amour (maitri), la compassion (karuna), la joie infinie (mudita) et l’équanimité (upeksha).

« Mon séjour dans cette pagode a été une véritable révélation et empreint d’une sérénité des plus intenses et des plus émouvantes. »

Par la suite, je suis revenu à une existence laïque, mais je recommande à tous les Occidentaux qui le peuvent de se rendre dans une pagode pour pratiquer avec la communauté asiatique quelques jours, semaines, mois. À chacun de choisir le chemin qui lui est approprié.

©Shutterstock
Michel Banassat Ex-moine bouddhiste et guide-conférencier, spécialiste des communautés asiatiques parisiennes, Michel Banassat chemine au fil de ses visites dans ce Paris caché, méconnu, sur la Voie du Bouddha. Il est également l’auteur de Lire +
Liker, Partager !

Ces sujets peuvent vous intéresser

Le stûpa de l’Himalaya : voyage aux origines du bouddhisme

Des générations de moines ont autrefois tourné autour de l’Himalaya, comme si celui-ci était un stûpa géant, de l’Inde à la...

Peut-on se convertir au bouddhisme ?

Le terme de « conversion » n’est sans doute pas parfaitement adapté au bouddhisme qui propose une voie que le pratiquant emprunte...

Règle d’or et moment axial : le monde au temps de Bouddha

Il y a 2500 ans de cela, le bouddhisme est né dans un moment de création spirituelle et sociale sans équivalent dans l’histoire.