« La fin de cet été »

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« Le rythme de la poésie est comme celui d’une personne en deuil », écrit le célèbre poète sud-coréen Lee Seong-bok dans Inflorescence indéterminée. « Deux pas en avant, un pas en arrière… les banderoles funéraires flottantes et les fleurs en papier colorées… en écoutant les chants tristes et le bruit des fantômes. »

Dans son recueil de poésie récemment traduit, La fin de cet étéSeong-bok porte le rythme du deuil dans son engagement profond avec le monde naturel. Dans ses odes aux montagnes, aux rivières, aux arbres et aux fleurs qui tombent, Seong-bok s’inspire de son étude du symbolisme français et du bouddhisme Seon pour élaborer des réflexions approfondies sur le chagrin, impermanenceet lâcher prise. Revenant sur chaque sujet encore et encore, parfois à travers de longues séquences, Seong-bok s’attarde dans des espaces de silence et d’inconscience, soulevant des questions fondamentales sur la façon de vivre dans le désespoir et de trouver un chemin à travers la « forêt sans chemin » de l’existence.

Ce sont peut-être ces silences et ces pauses qui confèrent leur pouvoir aux poèmes – comme il l’écrit dans Inflorescence indéterminéeles poèmes « ne sont ni plus ni moins que créer des espaces. Nous pouvons respirer autant d’air que ces espaces le permettent. Ces espaces sont le véritable lieu humain ». À travers leurs lacunes et leurs césures, les vers de Seong-bok offrent aux lecteurs une chance de se reposer dans le mystère de chaque instant et de demeurer dans ce « véritable lieu humain » que le silence rend possible.

–Sarah Fleming, rédactrice en chef

Sentiment

Comment naissent les sentiments
une branche fleurit pour la première fois
Est-ce comme ça que les sentiments viennent
une branche laisse d’abord tomber ses fleurs
Est-ce comme ça que les sentiments tombent

Une gouttelette sur une page
s’attarde bien avant
séchage en une tache
une déformation sur papier
une trace indélébile

Mer

Le chagrin m’a appelé
je n’ai pas répondu

Le chagrin m’a suivi
je n’ai pas fui
ensemble nous avons fait un long voyage

Les forêts de pins obscurcissaient ma vue
en eux le chagrin se cachait
après un moment d’attente
Je l’ai aperçu sortir

Son dos est courbé bleu foncé
dans la rivière et de l’écume blanche dans sa bouche, chagrin, ô
le chagrin s’est précipité vers moi
Même à tour de rôle et en se brisant, il s’agitait

Chemin de montagne 2

Sur un chemin à peine assez large pour une personne, l’acacia devenait épais et
la lumière du soleil tachetée, le chemin semblait bloqué, pensant mon chemin perdu,
J’ai continué pas à pas dans la forêt sans chemin

Plusieurs fois, je l’ai fait trembler si fort
chemin de montagne Chaque fois que je pensais que le chemin était terminé, il commençait
encore

Souvenirs d’une journée très nuageuse

Les oiseaux affluent alors qu’ils couvrent cet endroit de tombes

Avec la force de pousser le couvercle d’un cercueil, je regarde le ciel

La fin de cet été

Cet été-là, le myrte crêpe a survécu. Après la tempête et le
après cela, la tempête s’est accrochée et a déversé une pluie de fleurs rouges

Cet été-là, je me tenais au centre des tempêtes. Cet été-là, mon
le désespoir a éclaté en cramoisi mais j’ai quand même résisté au vent et à la pluie

Le myrte crêpe se soulève mais brûle vivement, crachant du feu quand il
les fleurs ont ébouriffé mon étroite cour de sang, mon désespoir a pris fin

Depuis La fin de l’été : poèmes par Lee Seong-bok, traduit par Anton Hur. Réimprimé avec la permission d’Alfred A. Knopf, une marque de The Knopf Doubleday Publishing Group, une division de Penguin Random House LLC. Copyright © 1994 par Lee Seong-bok. Copyright de la traduction en anglais © 2026 par Anton Hur.

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François Leclercq

François Leclercq est le fondateur de Bouddha News, site internet qui a pour but de diffuser des informations et des conseils pratiques sur le bouddhisme et la spiritualité. François Leclercq est né et a grandi à Paris. Il a étudié le bouddhisme à l'Université de Paris-Sorbonne, où il est diplômé en sciences sociales et en psychologie. Après avoir obtenu son diplôme, il s'est consacré à sa passion pour le bouddhisme et a voyagé dans le monde entier pour étudier et découvrir des pratiques différentes. Il a notamment visité le Tibet, le Népal, la Thaïlande, le Japon et la Chine.

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