Le travail silencieux pour devenir résilient

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Nous entendons souvent parler de résilience, mais la plupart d’entre nous ne la reconnaissent pas lorsqu’elle apparaît discrètement dans notre propre vie. Cela ne ressemble pas toujours à de la force ou de la stabilité. Parfois, la résilience est une respiration tremblante avec laquelle nous parvenons à rester lorsque nous méditons après une journée stressante. Parfois, c’est le moment où nous décidons de ne pas fermer notre cœur au milieu d’une dispute avec notre bien-aimé, même si des parties de nous peuvent vouloir disparaître. Et parfois, cela prend une forme plus large, comme la volonté de recommencer après que notre maison ait été détruite par des incendies ou des inondations.

Dans la tradition bouddhiste, la résilience ne consiste pas à surmonter des difficultés accablantes. C’est une honnêteté douce et vécue : la capacité de s’asseoir avec notre expérience sans nous abandonner. C’est l’essence de la première noble vérité : la vérité de la souffrance, dukkha. Au cours des vingt dernières années de travail avec des survivants de traumatismes, j’en suis venu à considérer la résilience comme une capacité profondément humaine qui se développe dans de petits moments ordinaires. Pas de percées spectaculaires. Pas de transformations brusques. Juste respiration après respiration, sensation après sensation, le lent assemblage d’une vie intérieure plus stable.

« À mesure que nous apprenons à nous asseoir à côté du dragon et à être présents avec notre douleur – régulièrement et gentiment – ​​cela change. »

À une époque où l’anxiété, les divisions socio-économiques, le chagrin climatique et les chagrins personnels pèsent lourdement sur tant de personnes, la résilience devient plus qu’une vertu personnelle. Cela devient une façon de rester connecté à notre humanité, tout simplement parce que la résilience est notre capacité à choisir des schémas de pensée, des émotions et des comportements qui nous rendent heureux. Et la voie du dharma consiste à choisir le bonheur.

La résilience ne consiste pas simplement à « rebondir ». Aucun de nous ne revient à celui qu’il était avant le chagrin, la perte ou le traumatisme. Ces expériences changent à jamais le paysage intérieur de nos cœurs tendres. La résilience est la capacité de laisser ces changements nous adoucir plutôt que nous endurcir.

Dans mon enseignement, je considère le traumatisme comme le facteur capital.D dukkha. C’est un événement bouleversant qui nous change à jamais. Les quatre nobles vérités nous enseignent comment travailler avec dukkha, mais face à un traumatisme, nous sommes parfois pris dans un tourbillon de pensées.

Je compare parfois le traumatisme à un dragon endormi – pas un monstre à tuer, mais une présence puissante que nous ne comprenons pas encore. Lorsque nous sommes assis avec les grandes énergies en nous, elles peuvent au début nous sembler accablantes, comme le souffle de feu d’un dragon. À mesure que nous apprenons à nous asseoir à côté du dragon et à être présents avec notre douleur – de manière constante et bienveillante – cela change. Ce qui nous terrifiait autrefois devient un carburant intérieur : du courage, de la clarté, une véracité plus profonde.

Du point de vue de la pleine conscience et du point de vue somatique, la résilience possède trois qualités étroitement liées :

  • un corps qui peut s’installer après avoir été activé
  • un cœur qui peut rester suffisamment ouvert pour guérir et ressentir
  • un esprit qui a confiance en sa capacité à affronter la vie à chaque instant

Lorsque ces qualités commencent à fonctionner ensemble, nous faisons l’expérience d’un enracinement qui reconnaît plutôt que nie la souffrance et n’est pas détruit par elle.

La résilience croît lentement, presque imperceptiblement. Cela commence dans le corps, avec des pratiques qui nous aident à reconnaître quand nous nous préparons : retenir notre souffle, nous serrer ou fuir à cause de la peur. Pendant que nous sommes assis en méditation, nous retenons tendrement nos propres peurs inexprimées, en posant une main sur la poitrine, en expirant plus profondément et en sentant le sol sous nos pieds. Ces petits gestes rappellent à notre système nerveux qu’il peut lui aussi rentrer chez lui à un rythme plus régulier.

Au fil du temps, nous renforçons la résilience à travers :

  • conscience consciente de notre respiration
  • ancrage et présence somatique dans notre corps
  • l’auto-compassion et la compassion envers la souffrance des autres
  • communauté et connexion avec les amis, les proches et notre sangha
  • des limites saines pour soutenir notre esprit, notre cœur et notre corps
  • la volonté de ressentir nos sentiments, même lorsqu’il est inconfortable d’être présent à nous-mêmes et aux autres

Ces pratiques n’éliminent pas les difficultés ou le dukkha dans nos vies. Ils nous donnent plus d’espace pour vivre cela d’une manière gentille et douce. La guérison d’un traumatisme peut commencer par la remarque d’une seule respiration ou par la réalisation du moment où vos épaules se sont levées vers vos oreilles. Ces moments comptent. Chacun interrompt les anciens schémas, vous permettant de faire l’expérience de l’amour-propre et de faire preuve de compassion envers vous-même.

Pratiques de pleine conscience qui soutiennent la résilience

La pleine conscience est au cœur de la résilience car elle nous apprend à revenir au corps, à la respiration, à ce moment précis où notre cœur peut se reposer et où la guérison est possible. Cela nous donne une place où nous tenir intérieurement, surtout lorsque notre vie peut être bouleversée en réponse à des événements difficiles. Voici quelques pratiques de pleine conscience pour vous aider à évoquer votre résilience intérieure.

Mise à la terre somatique

Sentez vos pieds soutenus par la terre. Remarquez la respiration lorsqu’elle se déplace dans le corps, dans votre ventre ou votre poitrine. Ressentez le poids de vos mains. Ces ancrages simples aident à stabiliser votre système nerveux. Ils vous rappellent que vous êtes là, en ce moment, et que dans ce moment sacré, vous pouvez rencontrer ce qui se présente avec bienveillance et douceur.

Pleine conscience en une minute

Prenez une seule minute et laissez votre conscience se reposer sur tout ce que vos sens vous offrent : un son, une couleur, un mouvement en périphérie. Ressentez une respiration sans essayer de la changer. Une minute, ce n’est pas grand-chose, mais pratiquée régulièrement, elle devient un fil doux qui se tisse tout au long de votre journée, vous ramenant vers la présence et vous ramenant au sacré maintenant.

La pratique NNPC

C’est au cœur de la résilience : se rappeler que nous avons des options et que nous pouvons choisir les pensées, les émotions et les comportements qui soutiennent notre bien-être. La pratique NNPC est une séquence simple qui crée un espace petit mais puissant au sein de notre réactivité, et au sein de cet espace, le choix devient possible.

Nous commençons par Nremarquer les sensations, les émotions ou les pensées qui surviennent, puis Nles amenant doucement pour les reconnaître. Ensuite, nous P.ause, permettant un moment d’espace, afin que la réaction habituelle ne prenne pas le dessus. De là, nous CChoisissez une autre direction : entreprendre une action différente de celle que l’émotion nous pousse, en nous orientant doucement vers une réponse plus sage et plus fondée.

La vie quotidienne comme fondement de la résilience

La méditation formelle est utile, mais nous renforçons la résilience dans les moments quotidiens qui ne ressemblent pas du tout à de la pratique. Il pousse dans :

  • le souffle calme que nous libérons lorsque quelqu’un nous critique
  • la gentillesse qu’on s’offre après une erreur
  • la façon dont nous faisons une pause avant de réagir
  • l’adoucissement qui se produit lorsque nous choisissons de ne pas fermer notre cœur
  • au moment où nous nous reposons au lieu de dépasser l’épuisement

Ces petits choix ne sont pas anodins. Ils façonnent la façon dont le système nerveux apprend à réagir. Ils nous donnent une expérience vécue de « Cela aussi passera si je reste présent avec cela. Je peux rester avec cela, juste pour cet instant à la fois ».

Au fil du temps, ces moments ordinaires s’intègrent dans une manière d’être plus stable et plus ancrée.

En enseignant et dans ma propre vie, j’ai constaté que la résilience n’est pas une destination. C’est un processus de devenir. C’est la prise de conscience tranquille que même si la souffrance fait partie de notre expérience, elle ne nous définit pas.

Nous sommes comme kintsugi poterie, morceaux brisés réunis à nouveau avec des fractures réparées en or chatoyant. Nous pouvons rompre avec un traumatisme ou une souffrance, mais les pratiques de pleine conscience nous donnent lentement le goût de notre propre conscience aimante, qui ressemble à des fissures remplies d’or. L’or n’est pas la perfection. C’est la beauté qui émerge lorsque nous affrontons nos blessures avec présence et compassion.

La pleine conscience n’efface pas les blessures de notre cœur ou de notre corps, mais elle change notre relation avec elles. La résilience grandit dans cette nouvelle relation émergente. Cela grandit lorsque nous restons avec nous-mêmes, même lorsque le sol bouge sous nos pieds.

La résilience ne rebondit pas. C’est l’émergence de la connaissance intérieure que vous êtes quelqu’un façonné par l’expérience, guidé par la sagesse et capable d’affronter la vie avec un cœur qui reste ouvert.

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François Leclercq

François Leclercq est le fondateur de Bouddha News, site internet qui a pour but de diffuser des informations et des conseils pratiques sur le bouddhisme et la spiritualité. François Leclercq est né et a grandi à Paris. Il a étudié le bouddhisme à l'Université de Paris-Sorbonne, où il est diplômé en sciences sociales et en psychologie. Après avoir obtenu son diplôme, il s'est consacré à sa passion pour le bouddhisme et a voyagé dans le monde entier pour étudier et découvrir des pratiques différentes. Il a notamment visité le Tibet, le Népal, la Thaïlande, le Japon et la Chine.

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