Récemment, j’ai eu une révélation en pratiquant la méditation sur la bonté de cœur sous les conseils de Tara Brach.
Pour le contexte, la pratique que j’utilisais est sa méditation « Bienveillance pour les autres » présentée dans ce numéro. Dans cette version, vous proposez des phrases de bonne volonté à trois personnes dans votre vie : quelqu’un que vous aimez, quelqu’un pour lequel vous vous sentez neutre et quelqu’un que vous trouvez stimulant. Le but de cette pratique est d’ouvrir doucement votre cœur, même à des personnes pour lesquelles il n’est pas toujours facile de ressentir de l’amour, et cela développe votre compassion dans la vie quotidienne.
Quand je me suis assis pour l’essayer, les deux premiers sont venus facilement. Mais la troisième fut plus difficile. J’ai tendance à souhaiter le meilleur à la plupart des gens que je connais, même à ceux qui ne sont pas importants dans ma vie. Mais lorsqu’il s’agit de ceux qui m’ont blessé, ce sentiment s’accompagne d’une condition : je veux le meilleur pour eux seulement s’ils cessent de me faire du mal et deviennent de meilleures personnes.
Cependant, pendant la méditation, j’ai réalisé qu’en leur envoyant de la bienveillance, je ne tolérais pas leur comportement. Je souhaite qu’ils soient en paix, et la véritable paix intérieure n’est pas possible si quelqu’un se fait du mal et fait du mal aux autres. Alors pourquoi ne voudrais-je pas ça pour eux ? S’ils ont la paix intérieure, ils fonctionneront naturellement différemment dans le monde. La véritable paix intérieure a un effet d’entraînement.
En souhaitant la paix à ceux qui m’ont blessé, j’étends ma capacité à répandre l’amour et la compassion dans ma vie quotidienne. Ceci, dit Brach, c’est marcher sur le chemin d’un bodhisattvaun être éveillé. Il n’est pas nécessaire d’être un humanitaire reconnu pour emprunter cette voie. Cela peut commencer par prendre soin de son entourage immédiat. Selon Brach, vivre en bodhisattva signifie habiter pleinement le moment présent, car sans conscience, nous retombons dans nos habitudes inconscientes, réagissant à partir de nos instincts de combat ou de fuite.
Pour revenir au moment présent, Brach suggère une « pause intérieure ». Dans le profil du Dr Toni Pressley-Sanon sur Brach, également présenté dans ce numéro, elle décrit cette pause comme la prise de trois à cinq respirations longues et profondes tout en remarquant ce qui se déroule dans le corps. C’est un peu comme le dicton « réfléchissez avant de parler », pour éviter de vous laisser prendre par la réactivité. Même quelques secondes d’ancrage aident à diriger avec un cœur éveillé et courageux.
Cette pratique est particulièrement importante dans un contexte de polarisation politique qui laisse les gens déconnectés et craignant les opinions opposées. Dans ce climat, Brach dit que nous avons besoin d’une « compassion féroce » non pas pour excuser un comportement nuisible, mais pour avoir la clarté intérieure nécessaire pour défendre la vérité, tout en restant ouvert à tous ceux qui nous entourent.
Dans la dernière étape de la pratique « Bienveillance pour les autres », Brach nous invite à élargir le cercle de nos soins dans toutes les directions. Notre bonté de cœur devient sans limites, s’étendant à tous les êtres partout, même à la terre elle-même. Terminer la méditation de cette façon nous rappelle notre humanité commune. La compassion n’est pas seulement un sentiment personnel mais une présence vaste et inclusive que nous pouvons apporter au monde.
