Best of the Haiku Challenge (août 2026)

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Les « escargots » sont un sujet favori du haïku classique, où ils sont souvent anthropomorphisés en personnages comiques. Mais ils peuvent aussi être utilisés pour traiter des sujets graves, comme la solitude, l’enfermement pendant une maladie ou le pathos que l’on ressent pour des créatures vulnérables aux dangers en raison de leur petitesse ou de la fragilité de leur corps. Chacun des haïkus gagnants et honorables du mois dernier explorait le côté le plus sombre et le plus maussade du thème.

  • Stevie Rosenfeld propose un portrait avant-gardiste et surréaliste d’un escargot qui « devient montagne » dans la solitude de sa coquille.
  • Celle de Molly Skeen l’escargot se fraye un chemin à travers ce monde avec des palpeurs qui détectent la lumière et l’obscurité mais qui sont « à l’aise avec l’un ou l’autre ».
  • Monica Kakkar partage un moment de calme avec l’escargot sur sa fenêtre, tous deux « solitaires » dans leur coquille.

Félicitations à tous ! Pour lire d’autres poèmes de mérite des derniers mois, visitez notre groupe Tricycle Haiku Challenge sur Facebook.

Vous pouvez soumettre un haïku pour le défi en cours ici.

Mot de la saison estivale : Escargot

GAGNANT:

au fond de sa coquille
l’escargot devient une montagne
et laisse le soleil s’en aller

—Stevie Rosenfeld

Les éditeurs de magazines consacrés au haïku en Occident ont été réticents à publier des poèmes comme le haïku gagnant du mois dernier, bien que de tels vers ne soient pas rares au Japon. Les haïkus d’avant-garde ou surréalistes sont populaires dans la poésie japonaise depuis près d’un siècle.

Commençons par considérer un exemple bien connu.

pruniers en fleurs
les requins bleus arrivent partout
dans tout le jardin

— Kaneko Tota (1919-2018)

C’est l’un des haïkus modernes les plus célèbres, celui qui peut être récité de mémoire par la plupart des amateurs de haïku au Japon. Il a été sélectionné en 2018 par le poète et critique Ozawa Minoru pour figurer dans son anthologie. BIEN VERSÉ : Explorer le haïku japonais moderne comme le poème le plus représentatif du style de Tōta. Minoru écrit :

Une scène surréaliste et fantastique. Lors de la réédition de ce poème, le poète l’a décrit comme « un poème sur la grande joie de l’arrivée du printemps, et à la première lecture, son ton semble plutôt joyeux.

Cependant, lors de sa publication initiale dans « Blue Sharks », ce poème était placé entre deux autres qui ajoutent des ombres profondes à l’image du requin au printemps. Ces deux poèmes sont : « L’esprit/d’un requin bleu dans la brume/me poignarde », dans lequel l’esprit d’un requin l’attaque ; et « Le requin bleu/se retourne, montre son ventre/à la maison où je suis né », dans lequel un requin se retourne sur le dos, comme le font les requins avant d’arracher leur proie.

Je ne peux m’empêcher de penser que le requin bleu montrant son ventre pourrait être sur le point de dévorer la chair des soldats tombés au combat. Tota était soldat pendant la Seconde Guerre mondiale et a écrit sur son expérience des combats sur l’atoll de Truk (lagon de Chuuk). On peut lire les requins bleus qui visitent son jardin au printemps comme les âmes de ses camarades qui y sont morts et ne sont jamais revenus.

Il est intéressant de noter que le poème sur le requin de Tōta a souvent été cité dans les revues de haïku de langue anglaise où, cependant, nous trouvons peu de poèmes qui lui ressemblent en termes de style ou de contenu.

Tōta lui-même se plaignait souvent que le haïku était devenu trop apprivoisé. Son poète idéal était un ara bompu» – un terme bouddhiste qu’il a utilisé pour décrire son poète préféré Kobayashi Issa (1763-1828), qu’il a traduit par « être humain sauvage, brut et ordinaire ».

Le gagnant du mois dernier fait un clin d’œil au célèbre haïku d’Issa invitant un escargot à gravir le mont Fuji (« mais lentement, lentement »), tout en utilisant le mot saison d’une manière résolument non conventionnelle. L’escargot ne le fait pas grimper la montagne, elle devient la montagne « au plus profond de sa coquille ».

Le poète nous a donné ici matière à réflexion. Sur la solitude et le calme. À propos de l’intériorité. À propos de la profondeur d’une résolution intérieure.

La dernière ligne exprime un sentiment de désespoir que j’ai rarement vu égalé dans un haïku moderne. « Laisser aller le soleil », c’est laisser aller le monde. Laisser vie aller. Mais peut-être que cela vise aussi à exprimer une ferme détermination. L’escargot dans le poème ressemble à ces reclus des montagnes dont nous parlons dans la littérature populaire bouddhiste de l’Himalaya – des ermites qui subissent l’emmurement volontaire en s’enfermant dans une grotte.

Je suis resté assis avec ce poème pendant une semaine entière avant de sentir que je le comprenais, parce qu’il était si frais et original, et de tels poèmes sont toujours plus difficiles à écrire. Mais je suis content d’avoir attendu. Après sept jours de réflexion, je me suis finalement rendu compte que, quoi que cela puisse signifier, le poème pourrait aussi décrire un fossile – un escargot qui s’était littéralement transformé en pierre à l’intérieur d’une montagne. . . « et laisse le soleil se coucher. »

Vraisemblablement, cela se serait produit il y a des millions d’années, ce qui ajoute une profondeur considérable à un poème déjà profond.

MENTIONS HONORABLES :

l’escargot fait son chemin
palpeurs détectant la lumière et l’obscurité
à la maison avec soit

-Molly Skeen

partager le calme
des deux côtés de la fenêtre. . .
escargots solitaires

-Monica Kakkar

◆

Vous pouvez en savoir plus sur le mot de la saison du mois d’août, ainsi que des conseils pertinents sur les haïkus, dans le défi du mois dernier ci-dessous :


Mot de la saison estivale : « Escargot »

regarde, tu verras des rayons de lune
spirale pour le plaisir
sur la coquille mouillée de l’escargot

—Caroline LeBlanc

Des impératifs grammaticaux comme « Regarde ! » ou « Regardez! » apparaissent rarement dans les haïkus. Les haïkus sont déjà orientés vers une observation directe et rapprochée, et de tels mots sont donc considérés comme redondants. Mais il y a des exceptions. Ici, le poète dirige notre attention vers quelque chose que l’œil pourrait manquer sans l’imagination. C’est une chose de voir le clair de lune se refléter sur la coquille d’un escargot et une autre de le regarder « tourner en spirale pour le plaisir ». Ce n’est qu’alors que nous ressentons le clair de lune comme étant vivant. —Clark Strand

Soumettez autant de haïkus que vous le souhaitez incluant le mot de saison « escargot ». Vos poèmes doivent être écrits en trois vers de 5, 7 et 5 syllabes, respectivement, et doivent se concentrer sur un seul moment qui se passe actuellement.

Soyez simple dans votre description et essayez de limiter votre sujet. Les haïkus sont presque toujours meilleurs lorsqu’ils n’ont pas trop d’idées ou d’images. Alors concentrez-vous sur le mot de la saison* et essayez de rester proche de cela.

*N’oubliez pas : pour être admissible au défi, votre haïku doit être écrit en 5-7-5 syllabes et inclure le mot « escargot ».

Astuce haïku : restez léger !

La légèreté est une vertu dans le haïku. Il le faut. Si nous essayons de dire quelque chose de trop sérieux dans un poème aussi court, cela semblera lourd, prétentieux ou forcé. Et pourtant, paradoxalement, dire quelque chose de sérieux est souvent facile, à condition de ne pas trop s’y prendre.

Dans le haïku, nous apprenons à dire simplement des choses difficiles, en utilisant dix-sept syllabes et un mot de saison. Si une chose est vraie, elle peut être énoncée dans un haïku. Pour les poètes haïku, c’est notre principal article de foi. C’est ce qui nous donne la confiance nécessaire pour aborder pratiquement n’importe quel sujet : la connaissance qu’en respectant la limite des 17 syllabes, nous serons capables d’éliminer ce qui est distrayant ou évasif et d’aller au fond de ce que nous avons à dire.

Dans le haïku, légèreté et humour sont étroitement liés. La plupart des haïkus humoristiques sont légers. C’est pourquoi les caractères japonais pour haïku (俳句) sont parfois traduits par « vers humoristique » et parfois par « vers léger ». Dans le haïku, légèreté et humour sont souvent les mêmes.

Mais un mot sur le fait de ne pas trop essayer. Cela ne veut pas dire que nous n’avons pas de difficulté à obtenir la vérité que nous voulons transmettre. Cela signifie que nous traitons cette vérité à la légère. . . simplement. . . même facilement. À un certain moment dans notre quête du bon poème, nous nous retrouverons à nous détendre et à respirer un peu plus uniformément. Quelle que soit la tension que nous avons ressentie auparavant, elle se dissipera et les syllabes disparaîtront tout simplement.

Apprendre à s’en tenir à un thème jusqu’à ce que cela se produise dans la plus grande partie de la maîtrise de l’art du haïku. C’est pourquoi nous écrivons chaque mois sur un seul thème saisonnier. Ce type de formation nous sera très utile pour le reste de notre vie poétique. Alors continuez comme ça ! Mois après mois. Saison après saison. Année après année.

Un mot sur escargots: Un escargot est un gastéropode doté d’une coquille enroulée suffisamment grande pour que l’animal puisse rétracter complètement son corps. Les escargots peuvent être trouvés dans une gamme extrêmement large d’environnements, notamment les fossés, les déserts, les ruisseaux d’eau douce et les fosses marines profondes, bien que dans le haïku, le mot saison ne fasse pas référence aux escargots de mer.

Les escargots éclosent sous forme de « petits adultes » et font croître leur coquille au cours de leur vie en consommant du calcium. Ils peuvent être mâles, femelles, hermaphrodites ou parthénogénétiques (c’est-à-dire capables de se reproduire par eux-mêmes). La plupart des escargots terrestres sont herbivores et sont plus actifs la nuit ou par temps humide, car le mucus est essentiel à leur locomotion.

Les escargots constituent une source de nourriture importante pour les humains dans de nombreuses cultures et sont utilisés depuis l’Antiquité pour fabriquer des colorants bleus ou violets coûteux. Dans le folklore, ils symbolisent la lenteur. Mais dans certaines cultures, ils sont associés au désir sexuel.

tu as besoin d’une heure
parce que ça arrive lentement
escargots de jardin amoureux

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François Leclercq

François Leclercq est le fondateur de Bouddha News, site internet qui a pour but de diffuser des informations et des conseils pratiques sur le bouddhisme et la spiritualité. François Leclercq est né et a grandi à Paris. Il a étudié le bouddhisme à l'Université de Paris-Sorbonne, où il est diplômé en sciences sociales et en psychologie. Après avoir obtenu son diplôme, il s'est consacré à sa passion pour le bouddhisme et a voyagé dans le monde entier pour étudier et découvrir des pratiques différentes. Il a notamment visité le Tibet, le Népal, la Thaïlande, le Japon et la Chine.

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