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Questions-réponses sur le bouddhisme

Le bouddhisme fait-il la différence entre les hommes et les femmes ?

En fait, il faut bien distinguer ce qui se passe dans la communauté des moines et des moniales, la Sangha, et ce qui se passe dans la vie sociale en général.

- Dans la communauté des moines et des moniales, il existe une discrimination nette entre les sexes, une inégalité hommes/femmes, qui n'a guère changé depuis vingt-cinq siècles. La première communauté des moniales a été créée cinq ans après celle des moines, avec comme première femme ordonnée la propre mère adoptive du Bouddha, après quelque réticence de celui-ci semble-t-il.

Mais aujourd'hui, dans beaucoup de pays, il n'y a pas d'ordination de moniales : dans les pays du Theravada, au Japon, et au Tibet, où elles restent au rang des novices et ne peuvent pas recevoir d'instruction religieuse. Les moniales doivent observer 350 règles monastiques, soit 100 de plus que les moines. Elles doivent en plus obéir à la Règle des Huit Respects, qui les met en situation d'infériorité par rapport aux moines, par exemple une moniale doit le respect à un moine, quel que soit leur âge respectif !

Le Dalaï-Lama a déjà plaidé pour une ordination des moniales. Mais les institutions sont dures à faire bouger, et faudra sans doute beaucoup de temps pour obtenir une égalité hommes/femmes dans la Sangha.

De nos jours, cette règle est devenue inutile et obsolète, et des voix - notamment de moniales de Taïwan - se sont déjà élevées pour la faire supprimer. Le Dalaï-Lama a déjà plaidé pour une ordination complète des moniales. Mais les institutions sont dures à faire bouger, et faudra sans doute beaucoup de temps pour obtenir une égalité hommes/femmes dans la Sangha.

- Pour les laïcs et dans l’enseignement du Bouddha, par contre, il n’y a aucune différence entre les hommes et les femmes, en termes de capacité et de possibilité de délivrance, comme en témoignent de nombreux exemples de disciples femmes qui sont parvenues à divers niveaux de réalisation, jusqu’à l’état d’Arahat, c’est-à-dire de délivrance totale.

Dans le Sutra de la Grande Extinction (Mahaparinibbana en pali), relatant les derniers mois de la vie du Bouddha, on raconte que celui-ci a décliné l’invitation des princes Licchavi, dirigeant le pays de Vajji, car il avait déjà accepté une autre invitation, celle d’une courtisane Ambapali, qui deviendra disciple du Bouddha, ainsi que son fils. Ceci démontre l’esprit ouvert et équitable du Bouddha, qui ne faisait aucune distinction entre les sexes ainsi que les classes sociales.

 

Colloque sur « Le bouddhisme au Vietnam du XXe siècle à nos jours », organisé par l'Association Les Fils Rouges du Vietnam, le 25 mai 2019

Dinh Hy Trinh Membre du Conseil d’administration de la pagode Truc Lâm de Villebon-sur-Yvette, chargé de la philosophie bouddhiste, ce médecin retraité spécialisé en gastro-entérologie soigne le corps et l’esprit sans autre ordonnance Lire +
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