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Questions-réponses sur le bouddhisme

Quels sont les liens connus entre le bouddhisme et les neurosciences ?

Le bouddhisme était au départ une doctrine philosophique basée sur l’étude de la psychologie humaine par le Bouddha. En procédant à une analyse particulièrement fine sur les composants de ce que l’on peut appeler l’ego, la personnalité humaine, qui sont les cinq agrégats (khandha en pali), c’est-à-dire « corporéalité », sensations, perception, formations mentales et conscience, il a pointé du doigt les origines de la souffrance, qui sont certaines formations mentales entraînant, par la loi de cause à effet, d’autres que nous appelons aujourd’hui les émotions négatives.

Les études neuro-scientifiques dans la méditation de « pleine conscience » ont confirmé l’existence de modifications anatomiques et fonctionnelles à long terme chez les méditants expérimentés, comme l’augmentation de l’épaisseur de certaines zones du cortex (ce qui signifie un rajeunissement du cerveau), ainsi qu’un renforcement de certaines connectivités cérébrales.

À partir de là, il a tiré une leçon de vie pratique, qui n’est autre qu’une psychothérapie, c’est-à-dire un entraînement mental que chacun peut suivre soi-même, et en recueillir les bénéfices. Il s’agit d’une véritable démarche scientifique, et c’est pour cela que l’on découvre aujourd’hui les liens étroits entre le bouddhisme et la psychologie moderne, relayée par les neurosciences.

En effet, les neurosciences, apparues seulement au début du siècle dernier, ont fait des pas de géant en quelques dizaines d’années, grâce aux progrès de l’imagerie médicale et des explorations fonctionnelles, et ont permis de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau. Les études neuro-scientifiques dans la méditation de « pleine conscience » ont confirmé l’existence de modifications anatomiques et fonctionnelles à long terme chez les méditants expérimentés, comme l’augmentation de l’épaisseur de certaines zones du cortex (ce qui signifie un rajeunissement du cerveau), ainsi qu’un renforcement de certaines connectivités cérébrales, agissant aussi bien sur les fonctions affectives que cognitives.

De plus, on arrive aujourd’hui à expliquer comment agit la méditation : en fixant l’attention sur ce que l’on perçoit à l’instant présent (ce que le Bouddha appelait la « juste attention », samma-sati), on fait disparaître le « vagabondage mental », où l’esprit est entraîné par l’imagination, dans le passé et le futur. Or, un excès de vagabondage mental est souvent source d’anxiété et de troubles de l’humeur, si bien qu’en le chassant régulièrement, la « pleine conscience » permet de rétablir le calme et la sérénité.

 

Colloque sur « Le bouddhisme au Vietnam du XXe siècle à nos jours », organisé par l’Association Les Fils Rouges du Vietnam, le 25 mai 2019

Dinh Hy Trinh Membre du Conseil d’administration de la pagode Truc Lâm de Villebon-sur-Yvette, chargé de la philosophie bouddhiste, ce médecin retraité spécialisé en gastro-entérologie, soigne le corps et l’esprit sans autre ordonnance Lire +
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