©Carole Rap

Phakyab Rinpoche :
« La méditation m’a sauvé »

C’est l’histoire d’un moine bouddhiste tibétain torturé par des fonctionnaires chinois. Suite à une grave blessure à la cheville pendant sa détention, une gangrène se déclare quatre ans plus tard. Les médecins d’un hôpital new-yorkais le condamnent à l’amputation ou à la mort certaine. Refusant la chirurgie, Phakyab Rinpoche commence alors à méditer et à réaliser des pratiques bouddhistes spécifiques à raison de 12 à 14 heures par jour, de décembre 2003 à décembre 2006. Porté par ces paroles du Dalaï-Lama, qui lui a dit : « Pourquoi cherches-tu la guérison à l’extérieur de toi ? Tu as en toi la sagesse qui guérit et, une fois guéri, tu l’enseigneras au monde », il se rétablit. Les dossiers médicaux l’attestent.

Miracle ou victoire de l’esprit sur le corps ? Dans les deux cas, l’erreur serait de croire qu’on peut arrêter tout traitement et qu’il suffirait de s’asseoir en tailleur pour se soigner. Phakyab Rinpoche en est conscient. Il ne cherche pas à ériger son histoire personnelle en modèle à suivre en toute circonstance, mais montre que l’esprit et le corps sont fortement liés, et que la méditation peut améliorer notre état mental et physique. De manière générale dit-il, « il y a un lien très étroit entre nos états d’esprit, nos émotions et le corps. Quand on est très inquiet ou déprimé, on peut voir que notre état de santé général se dégrade. Si on éprouve très fortement de l’attachement, de la colère ou de l’ignorance – on parle des trois poisons -, cela a des répercussions immédiates sur notre santé. Quand on a un esprit paisible, joyeux, on a plus de chance d’être en meilleure santé. »

Son exemple, plutôt extrême, est plus une source d’inspiration – et si moi aussi j’entraînais mon esprit pour aller mieux ? – qu’une ligne de conduite à suivre (toute autre personne dans son état et sans amputation serait probablement décédée). Son cas est particulier. Moine depuis l’âge de treize ans, il a suivi des enseignements bouddhistes profonds pendant plus de vingt ans, a reçu des transmissions de pratiques très précises et souvent secrètes (yogas de l’énergie interne ou Tsa-lung, Bouddha de médecine ainsi que plusieurs autres déités). « Il s’agit de pratiques plutôt élevées et pas forcément accessibles de prime abord. Néanmoins, nous avons tous la possibilité de nous éveiller et la capacité d’accéder un jour à ces pratiques », explique Phakyab Rinpoche, qui dédie désormais sa vie à enseigner les sciences internes et les yogas contemplatifs de la guérison. Le livre revient aussi sur son enfance de jeune tibétain nomade, aimant les yaks, sa grand-mère et les vastes espaces himalayens. On découvre la manière dont est née sa vocation de moine. Sans jamais s’apitoyer sur lui-même, Phakyab Rinpoche nous communique son énergie, sa détermination et son extraordinaire faculté de résilience. Et nous fait toucher du doigt comment, par la force de la compassion, il est possible de pardonner, même à ses bourreaux. Le pardon, condition sine qua non pour guérir, mentalement et physiquement

Carole Rap Journaliste économique et sociale, elle s’intéresse depuis des années à l’environnement, illustration de l’interdépendance. En pratiquant le yoga et la danse méditative, elle a découvert la richesse des voyages Lire +

Pour aller plus loin

La méditation m’a sauvé de Phakyab Rinpoché avec Sofia Stril-Rever (Marabout, 2019 – 1re édition Le Cherche-Midi, 2014)

Liker, Partager !

Ces sujets peuvent vous intéresser

Discovering Sacred Texts : le super cybersite du sacré

Plus qu’un site, cette nouvelle plateforme de la British Library est une véritable bibliothèque des traditions spirituelles en ligne....

Exposition de Christian Kokon Gaudin Du 14 au 29 novembre à l’Atelier Capifrance, Paris

Christian Gaudin est un scénariste et un dessinateur de bandes dessinées et de livres illustrés. D’abord...

La méditation, c’est la vie de Gaëlle Piton

Gaëlle Piton est sophrologue et enseigne la méditation de pleine conscience, qu’elle a découvert à travers le...