©Shutterstock

Le bouddhisme, là où vous êtes, jour après jour
De la méthode pour se transformer

« Le désarmement intérieur passe par le désarmement extérieur. Nous sommes tous reliés, interdépendants. Si nous voulons changer l’avenir de l’humanité, nous devons transmettre des valeurs basées sur la compassion. Et faire croître cette graine en développant un bon cœur et en nous montrant généreux ». Le Dalaï-Lama

Ces termes simples, directs, vrais, de ce maître qui jamais ne juge ni ne condamne nos faiblesses d’humains, mais se montre attentif au sort de tous les êtres, touchent. Comment pourrait-il en être autrement ? Nous sommes concernés par la violence omniprésente dans nos vies par le biais de la télévision, des films, des problèmes personnels et sociaux. Nous désirons nous aussi changer le monde. C’est possible. Mais à condition de transformer d’abord nos esprits.

Changer prend du temps !

Les Occidentaux se montrent souvent impatients d’obtenir ce qu’ils souhaitent. Les sociétés de consommation favorisent ce type de comportement. Conséquence : beaucoup de ceux qui viennent écouter les enseignements pensent qu’il est facile et rapide de transformer son esprit grâce aux pratiques bouddhistes. Mais changer prend du temps. Il faut suivre une discipline, respecter les étapes indiquées, s’exercer quotidiennement et faire preuve de patience pour modifier les habitudes mentales et les comportements. À chaque étape, les moyens proposés, graduels, permettent de franchir des seuils. L’impact des émotions négatives sur l’esprit devient par exemple moindre. Leur présence plus ténue. De plus en plus souvent, elles agissent sur lui de manière superficielle comme les vagues sur l’océan. Et, en profondeur, la nature réelle de l’esprit demeure stable, quelles que soient les circonstances.

Tout apprentissage demande qu’on lui consacre du temps et de la patience. Il importe de ne pas l’oublier pour ne pas se décourager et de se souvenir régulièrement du but poursuivi : expérimenter une existence plus sereine et joyeuse. Avant de nous engager sur ce chemin, nous devons donc analyser longuement les motivations qui nous animent. De la motivation naît la conviction intime et inébranlable que suivre ce processus est nécessaire. L’action découle ensuite de notre détermination. Il faut donc de la méthode pour avancer !

Souvenons-nous que si nous souhaitons être heureux, il convient d’agir de manière positive, généreuse ou du moins d’essayer de le faire le plus souvent possible afin que les conséquences de nos actes soient surtout positives.

Le nirvana – qui est un état d’être, libre de toute identification à la souffrance – est le but ultime recherché par les bouddhistes. Désirer l’atteindre n’empêche en rien de souhaiter avoir une vie matérielle et affective heureuse et épanouie. De nos jours, il est difficile par exemple de vivre sans argent. En revanche, nous devons nous efforcer de lui donner une place moindre que celle qu’il occupe pour une grande partie de la population mondiale. Tout est une question de juste milieu, d’équilibre. De manière générale, souvenons-nous que nos actes, nos pensées et nos paroles ont des conséquences et que si nous souhaitons être heureux, il convient d’agir de manière positive, généreuse ou du moins d’essayer de le faire le plus souvent possible afin que les conséquences de nos actes soient surtout positives. 

L’esprit ordinaire est agité comme un voleur dans une maison vide !

L’esprit ordinaire ressemble à un voleur dans une maison vide. Il s’agite sans cesse et distingue le monde de manière parcellaire en fonction des projections mentales qu’il fait. Nous passons sans cesse d’une sensation à l’autre comme un singe qui saute de branche en branche. Cela nous épuise, car nous ne prenons pas le temps d’analyser ce que nous éprouvons.

La vraie nature de l’esprit est spacieuse et lumineuse. Elle ne dépend ni de formes, ni de sensations, ni d’émotions, ni de couleurs. Indéfinissable, elle se situe au-delà des mots et des concepts. L’expérimenter est possible grâce à la méditation. Il n’est pas possible de dire où se situe l’esprit. Mais nous pouvons en appréhender la saveur au travers de cette pratique. Et grâce à la paix intérieure qu’elle génère.

Méditez, méditez, il en restera toujours quelque chose 

Une personne qui souhaite transformer son esprit ne peut pas se passer de la pratique de la méditation de manière régulière et quotidienne. Méditer signifie « habituer l’esprit à autre chose ». Elle consiste donc avant tout à entraîner son esprit à changer. Il est important de s’engager à pratiquer sur le long terme, car ce processus prend du temps. Pendant la méditation, l’esprit est notre matériau et notre instrument. Il existe différentes formes de méditation. La méditation analytique utilise par exemple nos capacités intellectuelles et n’est pas réservée aux bouddhistes. Pour le bouddhisme, comme pour la science, l’usage de la raison est essentiel. Un autre type de méditation consiste à porter son attention sur un objet unique afin d’apprendre à l’esprit à se concentrer, ce qui l’apaise. Cette technique est utile quand nous sommes agités et anxieux par exemple. Notre esprit a alors tendance à se tourner vers l’extérieur, à critiquer, à se perdre, ce qui nous angoisse. La méditation nous aide à nous concentrer, à ramener et à maintenir l’esprit à l’intérieur de nous. Regarder les pensées aller et venir, sans les saisir, un peu comme les vagues qui passent sur l’océan et qui vont et viennent, calme, et donne une autre perception du monde et des relations que nous entretenons avec les autres.

Savourer les bienfaits d’une discipline basée sur l’éthique comme moyen de transformation intérieure 

L’éthique bouddhiste préconise de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour accomplir le bien des êtres. Si nous n’en avons pas le désir, il est recommandé, au minimum, de ne pas leur nuire. Cette manière non-violente de se comporter envers autrui repose sur une pensée et une intention irriguées par l’amour, la compassion et par la préoccupation du bonheur de l’autre. Un tel objectif peut paraître trop ambitieux et impossible à atteindre. Mais si notre motivation et notre volonté de rendre les autres heureux sont inébranlables, peu à peu, nous atteindrons le but fixé.

Nul besoin cependant d’appartenir à un système religieux pour développer un bon cœur et une attitude bienveillante. Quelles que soient nos croyances et nos convictions, cet état d’esprit est favorisé par certains facteurs : la discipline ou éthique, la concentration et la connaissance qui est source de sagesse. Et par le fait de posséder une bonne intention. Il convient donc tout d’abord d’examiner ce qui nous motive avant d’agir. Puis de s’efforcer de ne pas entretenir les facteurs mentaux et les pensées conflictuelles à l’origine de nos émotions négatives et de considérer, peu à peu, que le bonheur d’autrui compte plus, ou au moins autant, que le nôtre. Ce qui ne veut pas dire que nous ne devions pas nous aimer pour autant, comme c’est le cas, parfois, de certaines personnes qui se sentent déprimées par exemple. Bien au contraire. L’amour de soi, s’il est juste et équilibré, est en lien avec l’amour altruiste

Liker, Partager !

Ces sujets peuvent vous intéresser

Kintsugi

Ou comment les brisures réparées révèlent notre beauté intérieure.

Le bouddhisme, là où vous êtes, jour après jour Partie 4 : se satisfaire, ce n’est pas rien !

La peur de manquer est une très mauvaise conseillère. Elle nous pousse à nous épuiser à vouloir toujours plus pour un résultat qui...

Rêveries et méditation

En prévision d'une émission de radio sur le thème de la rêverie, avec Flavie Flament sur RTL (saluons ici son travail souriant pour...