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Le bouddhisme, là où vous êtes, jour après jour
Partie 2 : Le choix de la compassion, absolument !

Ou comment cesser de faire de sa vie un ring, et de voir en soi et en l’autre, un adversaire.

La véritable compassion ne fait pas de différence entre les êtres et naît du souhait de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider à se libérer de la souffrance et de ses causes et à réaliser l’Éveil. Chacun peut développer ce sentiment. Les pratiquants du bouddhisme Mahayana et du bouddhisme Vajrayana s’y engagent en reprenant chaque jour le vœu du bodhisattva formulé par le grand maître Shantidéva : « Tant que durera l’espace, tant que durera le temps et que les êtres demeureront, puissé-je moi aussi demeurer afin d’aider tous les êtres sensibles à se libérer de la souffrance et de ses causes, et à trouver le bonheur et ses causes afin de réaliser l’Éveil ».

Par compassion, le bodhisattva, le disciple avancé sur la voie du Bouddha, désire délivrer les êtres de la souffrance et de ses causes. Par amour, il souhaite les aider à trouver le bonheur et les causes du bonheur. Amour et compassion agissent de manière complémentaire et sont indissociables, comme les deux ailes d’un oiseau sont nécessaires à son vol, enseigne en substance le grand maître indien Shantidéva.

Le poison de la colère

La colère est mauvaise conseillère et fausse la lucidité de l’esprit. Souvent, nous nous mettons en colère contre quelqu’un, car nous pensons par exemple qu’il nous manque de respect ou qu’il n’est pas juste envers nous, que son attitude à notre égard est négative. Mais, en réalité, tout se joue dans notre esprit. Si celui-ci est joyeux, nous ne nous sentons pas « attaqués » et restons sereins. Et inversement.

Le monde que nous créons et que nous expérimentons dépend notamment des émotions qui l’habitent et de nos attitudes mentales.

Ce que nous éprouvons dépend de nous, pas de l’autre, qui, lui, est sous la coupe de ses émotions conflictuelles. Et ce qui est vrai pour autrui l’est pour nous également. Si nous nous laissons emporter par la colère, cela montre que l’émotion négative à l’origine de nos réactions nous manipule complètement et que l’on n’anticipe pas les effets qui en découleront en termes de souffrance pour nous et autrui. Ainsi, songez-y la prochaine fois que cela vous arrive : le fait que la colère s’élève ou non en vous ne dépend pas du comportement d’autrui, mais de l’état de votre esprit.

Suis-je ou ne suis-je pas ?

Les émotions conflictuelles questionnent notre identité. Celle que nous croyons avoir dans le moment. Tout conflit avec autrui remet en cause indirectement la place que nous pensons occuper dans le monde. Profitons de ces moments pour observer le « moi » et étudier sa nature véritable. Le bouddhisme enseigne que sur le plan de la vérité ultime, le « moi » existe en dépendance de causes et de conditions, et qu’il n’est ni autonome ni permanent. Concernant la vérité relative, le « moi », ce moi familier que nous percevons est nommé et se conçoit comme une désignation conceptuelle. Cette approche de la réalité exprimée dans le bouddhisme par les deux vérités permet de prendre du recul. Les deux vérités sont toujours associées et sont nécessaires pour expliquer et déterminer la nature des phénomènes dont ce qu’est la nature véritable du « je » et des phénomènes. Ainsi, le « moi » n’a pas d’existence en soi sur le plan de la vérité absolue, mais il possède une existence apparente relative sur celui des phénomènes.

Ne le brusquons pas, il favorise les prises de conscience nécessaires à notre évolution et mérite notre bienveillance

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